Autonomisation des Femmes, Autonomisation de l’Humanité imaginez-le

Maître TUMBA KAJA Rose, Bâtonnier du Barreau de Lubumbashi

 

Il y a vingt ans, le monde s’est réuni à Beijing pour la quatrième conférence sur les femmes.
Au terme de cette rencontre une feuille de route visionnaire pour l’égalité entre les sexes a été adoptée par les gouvernements de 189 États.

La déclaration de Beijing avait fixé un programme d’action visant à résoudre 12 domaines de préoccupations critiques  pour les femmes et les filles du monde entier parmi lesquels :

  • La réduction de la pauvreté qui frappe les femmes et les filles ;
  • La garantie des droits à l’éducation et à la formation de la jeune fille ;
  • La protection de la santé de la femme, y compris la santé sexuelle et procréative ;
  • La protection des femmes et filles contre la violence et la discrimination ;
  • Le fait de profiter à la jeune fille des avancées technologiques,
  • Promouvoir la participation pleine et entière des femmes à la vie sociale, politique et économique.

C’est à la cinquante-neuvième session de la commission de la condition de la femme qui va se dérouler du 9 au 20 mars de cette année que sera entrepris un examen, un bilan des progrès réalisés dans l’application de la déclaration du programme d’action de Beijing 20 ans après son adoption.

La question clé à ces assises sera de mettre en avant les défis actuels affectant la mise en œuvre du programme d’action ainsi que les opportunités en faveur de la réalisation de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes dans le programme de développement pour l’après 2015.

L’examen sera mené tant au niveau national, régional que mondial.

De manière générale, le constat suivant a été à travers le monde

  • Des progrès ont été réalisés
  • Le nombre de filles scolarisées a augmenté
  • Plus de femmes ont un emploi, certaines sont élevées et assument des positions de leadership

Cependant, dans toutes les régions et dans tous les pays du monde, des femmes continuent à se heurter à de la discrimination pour la seule raison qu’elles sont des femmes.

Pour preuve :

État des lieux

  • Le cas d’inégalité dans le cadre de promotions ;
  • Les cas d’inégalités dans les opportunités de travail (femme enceinte souvent disqualifié) ;
  • Une faible représentativité des femmes leaders dans le secteur public et privé ;
  • Les mariages précoces ;
  • La violence qui affecte une femme sur trois dans le monde.

Les femmes du monde entier doivent œuvrer pour la mise en application de la déclaration de Beijing car à chaque fois qu’une femme est victime de violence ou de discrimination, c’est l’humanité qui est perdante.

 Et chaque fois qu’une femme devient indépendante, autonome et qu’elle acquiert la capacité de se prendre totalement en charge et qu’elle participe à la prise des décisions sur le plan économique, social, familial, médical… elle se développe, et le monde se développe. Car, « éduquer une femme c’est éduquer une nation ».

Sur le plan économique à titre illustratif, l’autonomisation des femmes et des filles n’est pas seulement salutaire et équitable, elle se justifie aussi du point de vue économique.

En effet, les pays qui investissent dans la promotion des femmes ont généralement des taux de pauvreté plus bas.

Dans le monde rural, si les femmes s’organisent pour obtenir des micro-crédits pour acheminer les produits de leur récolte vers les milieux urbains, elles seront indépendantes de leurs époux et développeraient leur contrée et cela réduirai la pauvreté.
Sur le plan légal, la révision de l’art 448 du code de la famille en cours permettrait l’autonomisation concrète de la femme congolaise. En ce qu’elle accomplirait des actes juridiques sans besoin d’une autorisation maritale préalable. Notamment, elle pourra obtenir facilement des crédits et investir dans les secteurs agricoles, commerciaux, miniers etc.

L’investissement dans l’autonomisation économique des femmes est donc la voie la plus sûre vers l’égalité des sexes, l’éradication de la pauvreté et une croissance économique inclusive. Les femmes apportent une contribution énorme à l’économie, que ce soit au sein des entreprises, dans les exploitations agricoles, comme entrepreneuses ou employées, ou par leur travail non rémunéré à la maison, où elles s’occupent de leurs familles. Pourtant, elles restent aussi touchées de manière disproportionnée par la pauvreté, la discrimination et l’exploitation. La discrimination basée sur le genre condamne souvent les femmes à des emplois précaires et mal rémunérés et ne permet qu’à une faible minorité d’entre elles d’atteindre des postes élevés. Elle restreint également l’accès des femmes aux actifs économiques tels que les terres et les emprunts. Elle limite leur participation à l’élaboration des politiques économiques et sociales. Et enfin, du fait que les femmes se chargent de l’essentiel des tâches ménagères, il ne leur reste souvent que peu de temps pour exploiter de nouvelles perspectives économiques.

Imaginez ! Les pays bénéficiant de niveaux plus élevés d’égalité entre les sexes bénéficient aussi d’un meilleur taux de croissance économique. Les entreprises dont le conseil d’administration comporte une meilleure participation féminine dégagent des retours sur investissement plus élevés pour leurs actionnaires. Les parlements comptant davantage de femmes délibèrent sur un éventail de questions plus large et adoptent davantage de lois sur la santé, l’enseignement, la lutte contre la discrimination et le soutien de l’enfance. Les accords de paix conclus entre négociateurs femmes et hommes durent plus longtemps et sont plus stables.
Défis et perspectives au Barreau de Lubumbashi

Il est vrai que les dispositions légales et règlementaires portant sur l’exercice de votre profession concrétisent l’autonomisation de la femme avocate en ce que le Barreau reconnait l’égalité de tous les avocats, hommes et femmes  ont les mêmes droits.

Néanmoins, les femmes avocates doivent prendre conscience de leur droit et s’investir à briguer des mandats au conseil de l’ordre, ouvrir des cabinets et même, à briguer le Bâtonnat.

Elles doivent également s’investir dans le cadre des violences sexuelles et autres violences sur le genre pour assurer la défense des femmes victimes de ces violences sur les lieux de travail en cas de décès du mari, dans le monde agricole, du travail, dans le monde commercial et autres.

La femme avocate doit s’investir concrètement à faire application des instruments internationaux ratifiés par la RD Congo qui visent l’égalité des sexes, la protection sociale et économique  de la femme.

  • Veiller à ce que les procès soient équitables lorsque les femmes sont victimes de violences ;
  • Pouvoir dénoncer les cas d’impunité ;
  • Assumer une mission de sacerdoce pour défendre les femmes indigentes victimes de violences surtout en matière de violences sexuelles, et de successions….

Le défis et perspectives sus-invoqués ont été donnés à titre purement illustratif.

Il échet qu’ensemble dans le cadre des échanges, nous puissions prendre des résolutions qui nous aideront à atteindre cet objectif, à savoir l’autonomisation de la femme avocate qui à son tour, va servir de modèle aux femmes d’autres secteurs en vue d’assurer l’égalité des hommes et des femmes à travers la province, et de ce fait la réduction de la pauvreté de la femme.

 L’épanouissement des hommes et des femmes de la province conduira à l’accroissement du développement économique de la province du Katanga. Et à l’instar de la province du Katanga, l’épanouissement des femmes des autres provinces conduira à son tour au développement économique du pays et donc de la RD Congo.

Fait à Lubumbashi, le 04 mars 2015

Bâtonnier TUMBA KAJA Rose

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